Antoine Racine

Canada

Par mon travail, je participe à des processus qui déplacent, déroutent et dépassent mes intentions. Je facilite l’émergence — et la subsistance — de systèmes vivants, d’agencements éphémères orientés vers la pluralité des formes d’existence qui les composent. Mes œuvres prennent généralement la forme d'installations où s’entrelacent des dispositifs low-tech et des phénomènes instables, en constante transformation.

Ma pratique cultive la patience et le soin, à rebours des logiques extractivistes. En décentrant le regard vers des échelles autres-qu’humaines — bactériennes, géologiques, moléculaires — elle tente un réalignement écologique. En ce sens, les matières que je mobilise ne me servent pas de métaphores. Elles ne sont rien d’autre qu’elles-mêmes, surface d’un mystère que je m'applique à ramener à l’avant-plan en interrogeant les forces agissantes qui s’y dessinent et la profondeur de nos interdépendances. Je cherche ainsi à raffiner l’attention que nous portons au monde terrestre, dans les décombres de nos pratiques et de nos technologies d’absence.

Depuis plusieurs années, j’explore une pratique du compost. Je m’intéresse aux manières dont s’y renouent des liens entre les morts et les vivants, au travers de collaborations entre humains, bactéries, champignons et autres décomposeurs. Les œuvres que je développe impliquent matériellement ces communautés de la pourriture, creusant en-deçà de l’abjection pour entrevoir la mort non comme une rupture, mais comme un processus vivant à cultiver.

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