Que nous vivions en paix

20 janvier 2020 au 13 avril 2020
 
Description

Comment témoigner par l'image des impacts de la guerre, des génocides et des dictatures sur les populations civiles ? Devoir de mémoire, déclaration de foi en la dignité humaine ou cri de détresse, une sélection d'œuvres fortes et bouleversantes tirées de notre collection.

Commissariat
Karine Boulanger

Inspiré du programme “Histoires-trajectoires, regards sur les migrations de masse” préparé par Valérie Palombo pour le Festival Nomade 2019.

Durée du programme
60:00

Que nous vivions en paix

Par Karine Boulanger

Cette sélection s’inspire du remarquable programme “Histoires-trajectoires, regards sur les migrations de masse” conçu par Valérie Palombo pour le Festival Nomade 2019. Trois œuvres distribuées par Vidéographe y figuraient : Errance (2013) d’Éléonore Goldberg, Nutag-Homeland (2016) d’Alisi Telengut et The Guests (2018) d’Arshia Shakiba. Nous avons développé cette idée du réfugié et du survivant au fil de notre catalogue, nous attachant au sort des populations civiles face aux conflits armés.

Deuxième Guerre mondiale, Palestine, Vietnam, Cambodge, Chili, Salvador, Irak, URSS, Bosnie – c’est le long cortège des horreurs des cent dernières années qui défile sous nos yeux.  Mais si les elles ne reculent pas devant la cruauté humaine, les œuvres sélectionnées célèbrent surtout la vie et la mémoire. Comment en effet porter le souvenir de la déportation du peuple Kalmouk, si ce n’est par les images colorées et poétiques de Nutag ? Comment montrer la résilience, si ce n’est dans le témoignage d’une pianiste jouant par la première fois depuis sa fuite de Sarajevo assiégée dans The First Time ? De même, dans The Guests, la vie continue dans un camp de réfugiés du Kurdistan irakien où se célèbre un mariage.

Quoi qu’il arrive, il reste l’image. Loin de celles, formatées et anesthésiantes, des médias de masse, les artistes développent des formes diverses et parfois hybrides : animation documentaire, fiction, documentaire d’observation, film militant.  Dans Tarde Gris, les dessins des réfugiés traduisent mieux que n’importe quelle photo l’horreur des exactions vécues de l’intérieur. L’implacable Las Mujeres de Pinochet reprend la répétition et le recadrage fréquent dans l’art vidéo pour assener l’horreur des traces du régime chilien sur le corps de deux femmes. Dans Que je vive en paix, Paul Tom marie quant à lui animation dépouillée en noire et blanc et témoignages de survivants de génocides. Nous empruntons son titre magnifique pour ce programme.

Remerciements : Valérie Palombo, Viva Paci, Festival Nomade, labdoc

Image : Arshia Shakiba, The Guests, 2018

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