Travail réalisé lors d'une résidence d’artistes sourd.e.s à Est-Nord-Est à Saint-Jean-Port-Joli au Québec mis en place par le collectif SPILL Propagation. Cette résidence avait pour thème "Déconstruire le phonocentrisme", un concept élaboré et présenté par Jolenta Lapiak, artiste sourde canadienne. Elle vise à le déconstruire pour reconstruire différemment et plus justement en tant que personne sourde. J’écris la définition du phonocentrisme tel que je la trouve dans le dictionnaire. C’est l’idée que le son et la parole sont par nature supérieurs à la langue écrite. Pour les tenants de cette théorie, la parole est plus riche, plus naturelle et plus intuitive que l’écrit.
Pour faire le paradoxe à cette idée, la bande sonore qui accompagne ces écrits font des flatulences et des jurons locaux (québécois).
Je prends alors en dérision le phonocentrisme que, en tant que sourde, je trouve absurde. Je communique en langue des signes et souvent par écrit avec les entendants qui ne signent pas.
Dans l'Antiquité, le philosophe Platon disait : "le mot grec "logos" (langue en français), veut dire "parole et raison". Ainsi, quelqu’un qui ne parle pas ne peut pas raisonner." De même, Aristote soutenait que les sourds étaient ‘‘irrémédiablement ignorants’’, qu'ils ne pouvaient pas être éduqués.
Informations techniques
Documentation
Filmé à Saint-Jean-Port-Joli, Québec.