The Magic Hedge
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The Magic Hedge visite une réserve d'oiseaux située sur un ancien site de lancement de missiles datant de l’époque de la Guerre Froide situé sur la rive nord de Chicago. Le spectateur, en se promenant et en observant, découvre le prétendu secret du parc : des hommes cherchent de brefs moments de contact sexuel parmi les arbres et les buissons. La vidéo met en évidence les nombreuses contradictions d'un site autrefois consacré à la surveillance militaire et maintenant conçu pour préserver et réguler la vie des "animaux sauvages".

 

 

2016
Canada
9:00
Langue originale
Anglais
Espagnol
Sous-titres
Anglais

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Informations techniques

Couleur
Couleur
Format d’image
16:9
Son
Stéréo
Format de tournage
HD

Documentation

Informations complémentaires

Entretien avec Frédéric Moffet

D’où vous est venue l’idée de tourner une vidéo dans/sur ce lieu ?
C’est un collègue qui m’a recommandé de visiter le Magic Hedge, un sanctuaire d’oiseaux situé à Montrose Harbor à Chicago. Il
croyait que le lieu pourrait m’inspirer en raison de mon intérêt pour les sites publics associés au désir. Quelques jours plus tard, j’ai visité la réserve et suis tombé sous son charme. The Magic Hedge est empreint d’histoire et de désir. Le sanctuaire d’oiseaux se trouve sur un ancien site de missiles Nike créé pendant la guerre froide afin de protéger Chicago contre une attaque nucléaire russe. Dans les années 70, l’installation militaire, située au bord du lac, a été transformée en réserve. Aujourd’hui, le site attire des centaines d’espèces d’oiseaux migrateurs et de nombreux ornithologues. Une autre population, inattendue, visite également le parc ; celle d’hommes à la recherche d’un contact sexuel éphémère avec d’autres hommes. Le sanctuaire devient alors un espace idyllique pour des hommes et des oiseaux en quête de confort. L’aménagement du parc avec ses nombreuses clôtures et ses panneaux, interdisant maints comportements, rappellent que ce site fut d’abord un lieu de surveillance, empli d’une violence palpable. Le seul fait de scruter le paysage en vue de rencontres inattendues, relie ces différentes manifestations qui ont lieu dans ce parc.

The Magic Hedge flirte avec la forme et les éléments du documentaire. Cette « hybridité » a-t-elle été pensée dès le début ou est-ce le lieu qui vous y a mené ?
Mon approche était d’abord observationnelle. J’ai visité et filmé discrètement le site et ce qui s’y passait, me procurant une bonne
quantité de matériel visuel. J’ai rapidement été confronté à un dilemme éthique. L’anonymat est un aspect important de la séduction pour ces hommes. Tous avaient leurs propres raisons d’y être et mon intention n’était pas de les exposer sans leur autorisation. Je me suis adressé à eux. Plusieurs ont refusé d’être filmés, et s’ils acceptaient leur attitude changeait devant la caméra. J’ai donc décidé d’inviter des amis intéressés par ce sujet. Ils sont devenus des modèles dans des tableaux vivants, revivant des situations auxquelles j’avais précédemment assisté dans le parc. La diversité de la population queer a été l’un des éléments les plus intéressants lors de mes visites dans le parc. Il y avait des hommes de différents âges, ethnies et morphologies. Cela avait quelque chose de rafraîchissant puisque Chicago est reconnue pour son degré élevé de ghettoïsation. De plus, beaucoup d’hommes ne parlaient pas couramment anglais. Après réflexion, cette réalité faisait sens. Aujourd’hui, on flirte par textos ou applications mobiles. Si votre connaissance de l’anglais est limitée, il est logique de retourner dans les espaces publics où le langage du corps et les jeux de regard prennent le dessus sur la langue écrite. Il était important pour moi de préserver cette réalité dans la vidéo.

Questions Vidéographe, 2016

Images
Mots clés
Ornithologie, homosexualité, nature, espace public